Les camps

À leur apogée, on compte 24 centres d’internement
au Canada, répartis en deux catégories.

Ceux de la première catégorie, situés à Montréal, Toronto, Niagara Falls, Sault-Sainte-Marie et Winnipeg, sont classés « stations de réception ». Leur but est de garder des individus jusqu'à ce qu'ils soient prêts à être envoyés dans les camps d'internement.

Les autres installations, situées plus au nord dans des régions moins peuplées de la Colombie-Britannique, de l'Alberta, de l'Ontario et du Québec, ainsi que quelques-unes en Nouvelle-Écosse, accueillent des prisonniers de guerre d'autres colonies britanniques.

Il y avait une épidémie de tuberculose dans le camp de Spirit Lake [...] Trois femmes internées de ma famille ont contracté la tuberculose. Mon arrière-grand-mère Anna, ma grand-mère Felicia et ma mère Mary. Ma grand-mère est décédée dans la trentaine suite à la tuberculose. 

Jerry Bayrak, descendant de personnes internées à Spirit Lake, Québec.

Ali, Hoosen – Subject of Turkey, certificate of release from internment camp at Kapuskasing, Ontario [1916], Bibliothèque et Archives Canada,
R174-59-6-E

La plupart des camps se trouvent dans des bâtiments gouvernementaux reconvertis, des installations militaires et deux usines louées. Pendant l’été, certains endroits utilisent des tentes ou des wagons de train comme abris. Adhérant à la Convention de La Haye, les installations d’internement sont, du moins techniquement, aussi bonnes que celles offertes aux soldats canadiens. Cependant, la plupart de ces camps se situent dans des environnements difficiles, loin des hôpitaux et autres infrastructures d’assainissement, permettant ainsi aux maladies de se développer. En raison des dures conditions d’internement, combinées au stress général de l’emprisonnement, 107 personnes internées meurent entre 1914-1920.