La perception du public

La perception populaire de l’internement est mitigée mais généralement positive. Les tensions ethniques issues de la xénophobie, du ralentissement économique de 1913-1914, de la crainte d’attaques d’americains d’origine allemande, de l’autre côté de la frontière lors de raids du type “Fenian”, ainsi que de l’hystérie de guerre contribuent à ce sentiment.

La presse exacerbe ces tensions en diffusant des reportages quotidiens sur des « Allemands grande-gueule », des complots terroristes et des réseaux d’espionnage.

Harry Lauder’s Story, This is ‘Kultur’ [1914-1918], Bibliothèque et Archives Canada, Acc. No. 1983-28-44

Rebellion des étrangers : des prisonniers se rebellent à propos des tâches ménagères au camp de Kapuskasing

Toronto Daily News (16 mai 1916)

Boches / dessins de J. Charlebois [1915], La Bibliothèque Hartland-Molson, Musèe Canadien de la Guerre, REF PAM D 526.25 C2 C48 1915

Cependant, le Canada n’est pas uni derrière cette position xénophobe. Certains journalistes témoignent du dur labeur accompli par la plupart des « étrangers ennemis » dans le développement du Canada avant la Guerre et appellent à dénoncent l’injustice de punir des individus, pour être nés dans le mauvais pays.

Le contraste est frappant entre l'affirmation selon laquelle les Canadiens luttent pour la liberté, la démocratie et le respect des obligations nationales, et l'esprit de persécution mesquin et indigne manifesté à l'égard des prétendus “étrangers ennemis” qui s'occupent tranquillement de leurs affaires ici. Ces personnes sont ici suite à notre invitation. 

Phillips Thompson, « Alien Ennemies » dans The Globe (29 mars 1918).

Le gouvernement n’est pas réellement investi dans l’entretien des camps. Sa préoccupation est de réduire les coûts et de s’assurer que la perception de ceux-ci ne mène pas à un mauvais traitement des Canadiens détenus comme prisonniers de guerre à l’étranger.